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Arts et Science : un dialogue et dans quel but ?

Arts et Science : un dialogue et dans quel but ?


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Formé en biologie et, même si depuis, pour comprendre mes terrains de recherche dans des quartiers défavorisés, en France et ailleurs, j’ai ressenti le besoin de parcourir les champs de la Sociologie, l’Anthropologie, l’Histoire ou la Philosophie, ma littéracie en matière d’Arts plastiques reste rudimentaire. C’est dans ce cadre que j’essayerai de développer l’argument, sans doute radical, selon lequel Art et Science ne pourraient communiquer, ou bénéficier d’une traduction réciproque. La juxtaposition Art et Science ne cesse de susciter en moi des questionnements, sur la légitimité et les objectifs recherchés. D’un côté la Science, une pratique avant tout, même si elle produit des discours, toujours incomplets et provisoires, de l’autre une expérience de l’Art (je me situe du côté du récepteur et non du créateur). Pire encore, la Science cherche à établir une « vérité » sur notre Monde, qui tend vers l’objectivité, s’exprimant de manière dépassionnée et froide (la Science n’a pas de place pour les sentiments), alors que l’expérience esthétique relève du plus profond de notre subjectivité.

Quelques décennies de pratique scientifique ont fini par me donner un petit aperçu de son champ, de son déploiement, peut-être de ses finalités. Il s’agit bien d’une pratique, avec ses règles, ses normes et une éthique, celle de la rigueur et l’absolue sincérité, que l’on réduit, par facilité, à son discours. Avec le respect de certaines conditions, elle permet de produire des explications vérifiables concernant les phénomènes du Monde, tel que perçu par nos sens, mais toujours, comme dit précédemment, incomplètes et provisoires.

Quant aux Arts, ma difficulté de les aborder provient de leur évolution à travers l’histoire. Le terme Ars a été introduit pour représenter la Techné des grecs de l’antiquité, à une époque ou artisan et artiste n’étaient pas différenciés. Alors, s’agit-il d’examiner la situation actuelle, en négligeant les chambardements philosophiques ou sociologiques à travers l’histoire ? Pour essayer de progresser je me suis tourné vers des philosophes, par exemple Kant[1] (1) ou Dewey (2), ce dernier m’ayant conforté dans ma compréhension de l’Art comme expérience, jusqu’au moment où m’est apparu le fait que notre questionnement repose sur le Grand partage entre Nature et Culture, opéré à partir du XVIIe siècle et qui fait que la pensée occidentale a connu une évolution qui lui est propre (3). Outre la sortie des humains de la Nature, cette pensée occidentale et elle seule, par rapport à la grande diversité des cultures sur Terre, a permis de constituer les humains comme maitres et possesseurs de celle-ci (ibid).

Et si, finalement, notre questionnement était un genre d’aporie, consécutive au Grand partage[2] ? Je vous propose alors un périple à travers d’autres manières de voir, de décrire, de comprendre le Monde et les manières de s’insérer ou d’interagir avec lui, notamment pour des cultures que l’on a pris l’habitude de qualifier d’indigènes ou autochtones, avec un avertissement contre une essentialisation potentiellement réductrice, que je vous demande de garder à l’esprit. Je vais passer par un décalage du regard, en invoquant d’autres conceptions, selon lesquelles Nature et Culture n’appartiennent pas à des registres étanches l’un à l’autre. Je vous raconterai des petites histoires d’anthropologue, une discipline fascinante pour moi, celle qui nous permet d’aborder les Autres nous-mêmes.

Ma première histoire se passe chez les Evenks, une des ethnies d’éleveurs de rennes, vivant en Sibérie centrale. Un projet de recherche, dans lequel mon labo était impliqué, visait à « comparer » la science indigène du climat à la nôtre (4). La question fut posée par les Evenks : pourquoi la neige arrive chez nous de plus en plus tard ? Or, après consultation des registres, des cartes et des séries de mesures instrumentales, les scientifiques occidentaux ont déclaré : nos données ne confirment pas vos observations. L’esprit avisé des anthropologues a tout de suite saisi que les deux ne parlaient pas de la même chose. Si pour la Science occidentale, il s’agit de rendre compte des phénomènes de la Nature au travers de lois universelles, objectives, en l’occurrence le refroidissement brutal de nuages, à la base de la formation de flocons qui tombent du ciel, ceci n’a que peu de sens pour les Evenks. Pour eux, la neige est avant tout une couche blanche qui tient au sol, pas un concept abstrait. Elle représente des réalités pratiques, un changement de saison et la préparation aux migrations à travers les paysages glacés, à la recherche de pâturages enneigés, propices aux rennes.

Plus au nord, dans une autre ethnie autochtone, les Yukagirs, les anciens ont fini par interdire l’usage du GPS par les jeunes couples qui, ne font plus l’apprentissage traditionnel de l’orientation dans les glaces et en cas de dysfonctionnement se perdent et meurent. L’anthropologue qui nous a conté l’histoire, lui-même d’origine yukagir, l’attribuait à la facilité de l’usage du GPS qui rend l’apprentissage des méthodes traditionnelles fastidieux. J’ajouterais, qu’ayant moi-même fini par céder à cette innovation technologique, je me suis rendu compte à quel point nous restons prisonniers de la voix qui nous guide, au détriment des observations habituelles, qui nous auraient conduit à utiliser d’autres repères, une enseigne, un bâtiment remarquable, un monument, une ligne du paysage, des arbres… Mais, tout ceci nous n’arrivons plus à le retenir, tant notre attention est monopolisée par la voix (ou l’écran) du GPS.

Les deux histoires suivantes se passent au Nord de la Colombie, au contact d’un peuple amérindien, du nom de Kogis[3]. À deux reprises, leurs propos ont provoqué mon profond étonnement. Une première fois, à la fin d’une discussion pour obtenir l’autorisation de visiter les villages en territoire Kogi, en nous saluant, ils se sont exprimés ainsi : « les oiseaux m’ont dit qu’il y a beaucoup de paramilitaires dans la montagne et que vous pourriez en rencontrer ! ». La seconde, suite à un bref échange, avant de visiter un site sacré, puis emprunter un sentier abrupt qui descend à la mer. Nos interlocuteurs, alors que l’on se quittait, nous ont lancé : « Les oiseaux m’ont dit que le sentier est très pentu et que quelqu’un pourrait glisser ! ». Je pouvais comprendre leurs conseils de prudence, mais pourquoi invoquer les oiseaux ? D’ailleurs, à la fin de la visite des villages en altitude, un des membres de l’équipe a ricané : « quels piètres devins ces Kogis, nous n’avons pas rencontré un seul paramilitaire… »

Tout ceci est resté dans un coin de ma tête, jusqu’à ce que, des années plus tard, je lise Philippe Descola (ibid). En faisant référence à « l’anent », une incantation prononcée par le chasseur Achuar à destination de sa future proie, Descola précise que celle-ci n’a aucun caractère performatif, elle ne vise pas le succès de la chasse. C’est une forme de discours, une manière de parler, culturellement située, dont le but est de renouveler le rapport au Monde. Leurs propos véhiculent la croyance que des Êtres différents (humain, animal, voire au-delà) peuvent communiquer, se (re)connaître, se comprendre. Ainsi, la référence aux oiseaux ne signifie pas que les Kogis entretiennent des conversations verbales avec eux, mais que dans leurs chants, leurs envols ou par leur simple absence, ils obtiennent des connaissances sur leur Monde. Il est tout à fait remarquable, que les Kogis accrochent dans les arbres des surplus de nourriture, comme cadeau (ils utilisent le mot regalos) à destination des oiseaux, une situation remarquable de don/contre-don hétérogène. Le reste n’est, en définitif, qu’un conseil de prudence.

Si je résume, nous avons les Kogis qui savent « écouter » le Monde (de la forêt humide de montagne), les Yukagirs qui, grâce à l’apprentissage traditionnel sont capables de « lire » le Monde des glaces, pour nous définitivement monotone et les Evenks qui s’inscrivent dans les cycles, dans les battements du Monde ! Attention, je ne dis pas que les Kogis ne savent qu’écouter le Monde, ou les Yukagirs qui ne sauraient que le lire. Toutes les cultures que l’on appelle autochtones, développent, plus ou moins, l’ensemble de ces facultés. Notons que les européens s’en sont affranchis, tout autant que des apprentissages fastidieux associés. Ils ont reconstruit le Monde de manière formelle, en s’aidant de multiples instruments qui remplaceraient nos sens limités. En même temps, ils ont cherché à s’extraire, parfois par tous les moyens, de ce que je qualifierais de saisonnalité, les rythmes de la Terre. Peut-on parler de progrès ou d’aliénation ?

Une autre anecdote peut servir à comprendre cet engagement total avec le Monde, grâce à l’ensemble de nos sens. Lors d’un périple dans une forêt de baobabs, par une nuit noire, mon guide me chuchote soudain : tu as vu la mangouste ? Etonné, je réponds non, où est-elle ? Je l’ai sentie[4], elle est là me montra-t-il ! On voit encore la différence entre nous, européens, qui donnons une priorité à la vue, au détriment de nos autres sens, y compris le touché[5] ; les Kogis refusent d’enfermer leurs pieds dans des chaussures, ce qui rompt, selon leurs dires, leur lien avec le Monde.

Enfin, une dernière histoire comme tentative de montrer le caractère « exotique » de nos conceptions occidentales. Nous sommes dans les coulisses du Louvre, où la conservatrice des Arts pré-colombiens est en train de présenter un objet remarquable de la collection du musée à un sage (chaman) Kogi, prénommé Miguel. À un moment donné, Miguel interrompt la conservatrice et lui demande : où est l’autre ? Pincée, la conservatrice rétorque que l’objet est unique et que c’est ce qu’elle essaye de lui expliquer. Ces objets allaient toujours par deux, insista simplement Miguel et là, le visage de la conservatrice se défait ! Ne serait-ce une illustration du propos de Dewey : « As works of art have lost their indigenous status, they have acquired a new one—that of being specimens of fine art and nothing else »[6] ?

Ce n’est que maintenant que le concept de résonance, proposé par le philosophe allemand Hartmut Rosa (5), commence à prendre corps, mais permettez-moi un dernier détour. Certains auteurs ont décrit une modification de la pensée des européens depuis le XVIIe siècle, qui a vu la naissance de l’aventure scientifique et qui suit aussi le grand partage entre Nature et Culture. Plus particulièrement à la fin du XIXe siècle, un sociologue comme Max Weber, s’est penché sur ce désenchantement du Monde (6), qui marque la transition d’une pensée mythique ou magique, vers une autre, entièrement rationnelle, calculatrice et froide. Dans la même veine, le philosophe canadien Charles Taylor a parlé de sécularisation de la pensée, insistant sur le recul de la pensée religieuse au profit de la rationalité (7). Il écrit dans son opus majeur, l’Age séculier, qu’auparavant les humains avaient des existences poreuses et, à ce titre, gardaient la capacité à être affectés (dans le sens des affects/émotions) par le Monde, alors que nous Modernes, vivons des expériences corporelles « tamponnées », coupés du Monde, « protégés » de son brouhaha. Nous ne pensons plus vivre dans un Monde rempli de signes, de sorts, d’esprits, que l’on qualifie volontiers de superstitions.

Or, nous pourrions nous demander si cette existence tamponnée, renforcée par notre éducation, celle qui nous apprend à voir et à penser d’une certaine manière[7], ne nous prive pas de la capacité à vivre les expériences esthétiques, singulièrement plus puissantes face à la Nature. Kant insiste sur le caractère profond et unique des expériences esthétiques de la Nature, toujours plus belle que l’Art, car celles-ci ne sont pas porteuses d’une quelconque signification, contrairement aux intentions des artistes. Il va même jusqu’à dire que ces expériences nous rendent le plus proche possible de la sensation d’être vivant, de ressentir la force vitale en nous, un argument que je retrouve aussi chez Dewey[8].

Et si l’Art nous permettait de retrouver du sens, de reconsidérer notre rapport à un Monde qui « chanterait » à nouveau et ne serait plus simplement réduit au support extérieur pour nos activités, ce qui est véhiculé par le concept conventionnel d’environnement, supposé autour de nous ? Une Nature pour notre usage et notre bénéfice[9] céderait la place à une Terre-mère qui nous a donné naissance (ce n’est qu’un symbole, mais pas tant que ça) ou, si vous voulez, qui nous a permis de naître comme existences faisant partie du tout et non isolés dans notre propre sphère que l’on nomme Culture ou Société. Je n’y vois aucune concession vis-à-vis de ma pratique scientifique, mais peut-être l’ébauche d’une quête différente, impliquant aussi le corps (et donc les affects) et non la seule Raison. Je parlerais d’une tentative ne pouvant pas conduire directement à une connaissance formelle, isolée et autosuffisante, mais qui apporte une plénitude et, je l’espère, inspirerait des nouvelles manières de vivre, dans un Monde redevenu familier[10].

Cependant, et pour éviter d’être mal compris, je me dois d’apporter une dernière précision. La résonance, que je conçois comme la possibilité d’être affecté par le Monde, être ému, émerveillé, surtout pas comme spectateur, mais en ressentant cette continuité des fils qui nous unissent à lui, ne peut se concevoir comme un apprentissage individuel, à l’aide de coachs spécialisés et de recettes new age pour réussir sa vie. Dans ce cas il s’agirait plutôt de rechercher des ressources dans notre fort intérieur, une opération de fermeture sur soi, un Homo de plus en plus clausus[11]. Mon intérêt porte sur les conditions sociologiques, voire culturelles, des conditions de possibilité d’une humanité résonante, ouverte au Monde, avec l’ensemble de ses « habitants » auquel nous sommes liés, de manière indissoluble. Si la sensibilité esthétique en fait partie, il nous faut revoir la manière même d’enseigner et faire vivre nos rapports entre humains ou avec les non-humains, jusqu’et y compris, le substrat même de la Vie.

Alors, je tente de me concentrer sur ces autres manières d’enseigner, avec un premier but : surmonter les impasses dans lesquels nous confine la pensée essentialiste occidentale, celle qui nous conduit à « chosifier », à traiter comme des objets, les éléments, vivants ou non, constitutifs, en réalité, de l’entité vivante qu’est la Biosphère, dans son ensemble, avec ses interdépendances. En somme, nous ne nous intéresserons plus aux objets isolés, mais aux rapports entre eux, des tensions, des forces, qui font que nous vivons dans un devenir permanent. De la même façon, je m’interroge sur les moyens de susciter la capacité d’émerveillement face à un Monde, plus vu sous l’angle uniquement utilitaire, s’adressant à des consommateurs. En partant d’une description poïétique, serait-ce possible de stimuler l’esprit critique des étudiants en s’adressant aussi à leurs affects[12] pour qu’ils exercent imagination et créativité afin de faire face aux problématiques actuelles, inédites dans leur portée : inégalités croissantes, épuisement des ressources, érosion de la biodiversité, oppressions, exclusion sociale ou culturelle, mais aussi transition vers plus de soutenabilité ou de résilience. Éducation ne peut rimer avec formatage, mais peut être vue comme un accès à de nouvelles libertés[13]. Le passé, même s’il nous permet d’apprendre de nos erreurs, ne saurait nous offrir, à lui seul, des pistes pour l’avenir de l’humanité, sans une profonde remise en cause de nos modes de vie et de nos systèmes de valeurs, en reconfigurant notre rapport à ce Monde qui fournit les conditions de notre existence et dont notre survie dépend.

 

“. . . when I hear people say that they have not found the world and life so agreeable and interesting as to be in love with it, or that they look with equanimity to its end, I am apt to think that they have never been properly alive, nor seen with clear vision the world they think so meanly of or anything in it—not even a blade of grass.” (2, pp. 28-29).

 

 

 

Références bibliographiques

  1. Kant, E., Textes choisis et présentés par M. Fœssel et F. Lamouche (2010), éditions Points.
    1. Pour l’usage de notre entendement afin de connaître les phénomènes, voir les textes de la première partie et, plus particulièrement le paragraphe nommé Concepts et phénomènes (n° 7) ou celui sur les Bornes et Limites (n° 10).
    2. Pour ce qui concerne le Beau et l’expérience esthétique, voir les textes de la quatrième partie et, notamment, les n° 32 et 33.
  2. Dewey, J. (1ère edition, 1934) Art as Experience, The Berkeley Publishing Group, Penguin Books (USA).
  3. Descola, Ph. (2005). Par-delà Nature et Culture, Essais Folio, Gallimard.
  4. Lavrillier A. et Gabyshev, S. (2018) An Arctic Indigenous Knowledge System, Studies in Social and Cultural Anthropology, SEC publications.
  5. Rosa, H. (2018) Résonance ; une sociologie de la relation au Monde. Éditions La Découverte, Paris.
  6. Weber, M. (1904-1905) L’Ethique protestante et l’Esprit du Capitalisme, dans la collection des Classiques des Sciences sociales, accessible à l’adresse http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html
  7. Taylor, Ch. (2007) The Secular Age. The Belknap Press of Harvard University Press.

 

 

 

 

 

 

[1] J’y cherchais essentiellement comment aborder le Beau, par rapport aux autres aspects de ses trois critiques, soit le Vrai et le Bien.

[2] La lecture de l’ouvrage Nous n’avons jamais été modernes, de Bruno Latour peut aussi en donner un aperçu.

[3] Je suis ici redevable à Eric Julien, qui m’a permis de l’accompagner dans une de ces excursions dans la Sierra et profiter de sa grande expérience au contact des Kogis.

[4] La mangouste secrète des substances malodorantes comme moyen de repousser ses agresseurs.

[5] Un argument similaire est abordé par Tim Ingold, dans son ouvrage Being Alive, en parlant de la manière de connaître le Monde avec ses pieds…

[6] Le peu que nous savons sur l’utilisation de ces objets nous dit qu’ils servaient, en captant les reflets du soleil, à « diagnostiquer » des aspects qui se réfèrent à la santé de celui-ci !

[7] Nous finissons par l’incarner, sans réfléchir.

[8] Dewey parle de l’intensification du sens immédiat de vivre.

[9] La promesse de Dieu responsable de la Création et qui nous en a confié les clés…

[10] C’est le sens premier de familier que je propose ici, ceux qui font partie de la famille.

[11] Terme introduit par le sociologue Norbert Elias au sujet de l’humain moderne.

[12] Ce que le discours scientifique prétend éviter.

[13] Une référence à Nietzche qui s’exprime ainsi dans la 3ème Considération inactuelle sur Schopenhauer éducateur.

Citer cet article

Yorghos Remvikos, « Arts et Science : un dialogue et dans quel but ? », [Plastik] : Art et écologie : des croisements fertiles ? #09 [en ligne], mis en ligne le 14 septembre 2020, consulté le 02 décembre 2020. URL : http://plastik.univ-paris1.fr/arts-et-science-un-dialogue-et-dans-quel-but/

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