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Nano – Editorial

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Les applications potentielles des nanotechnologies sont jugées miraculeuses, mettant à profit les propriétés biologiques, optiques, électroniques et magnétiques uniques des nano particules. Le domaine de la nano médecine est en plein essor. Les chercheurs assemblent des particules nanométriques comme vecteurs de médicaments ou comme outils d’imagerie. Parfois les nano particules elles-mêmes constituent le principe actif du médicament. Une cinquantaine d’essais cliniques sont en cours dans le monde, alors que se pose la question d’une éventuelle toxicité difficilement contrôlable.  Les recherchent semblent prometteuses dans de nombreux autres domaines : de l’énergétique pour le stockage et la production d’énergie à l’électronique dans sa course à la miniaturisation maximale…

Mais cet engouement pour le nano dépasse-t-il les limites du raisonnable ?

Quels sont les discours des artistes dans cette profusion de domaines qui se s’octroient le préfixe de nano ?

Les artistes s’invitent aujourd’hui dans le débat publique opposant scientifiques et écologistes. L’utilisation des nanoparticules est soumise à controverse, au regard des risques sanitaires et industriels et des questionnements étiques. On craint le traçage des personnes et la biométrie, la mise au point d’armes insidieuses et puissamment destructrices, voire même la tentation d’hybridation et de transhumanisme. Un changement de société semble se préparer.

Autant de questions propres à convoquer l’intervention artistique avec ses propres modes opératoires.

Plutôt que l’émerveillement devant des sculptures nanométriques invisibles à l’œil nu, nous aimerions proposer ici une réflexion sur la dimension prospective et expérimentale du nano-art. Dans la recherche d’un art transformateur, il nous semble essentiel de nous interroger sur les utilisations inédites des matériaux traités à des niveaux inédits. Quels sont les nouveaux types de relations qui vont se nouer entre l’artiste, le spectateur et la matière physique complexe ? L’expérimentation à petite échelle peut-elle rendre tangible la réponse macroscopique du matériau? Comment rendre visible ce qu’il se passe à des échelles de l’ordre du milliardième de mètre, quand la matière ne répond plus aux lois classiques qui la régissent à de plus grandes échelles ? Comment envisager l’expérience esthétique du spectateur lorsque le matériau de l’oeuvre  devient sensible à son environnement ? Quel est  le « partage du sensible » entre l’humain et le non-humain?

Quel sera le nano-monde que les artistes nous amènent à entrevoir ?

Citer cet article

Dominique Peysson et Olga Kisseleva, « Nano – Editorial », [Plastik] : Nano #03 [en ligne], mis en ligne le 15 janvier 2013, consulté le 12 décembre 2017. URL : http://plastik.univ-paris1.fr/nano/ ISSN 2101-0323

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