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I. 5/ Sœurs-artistes aux Antilles : l’atelier archipélique, espaces de communication

I. 5/ Sœurs-artistes aux Antilles : l’atelier archipélique, espaces de communication


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Nées à Saint-Claude, en Guadeloupe, en 1993 et 1996, nous développons une pratique de la peinture, de l’installation et de la vidéo, autour principalement de la notion de mémoire, en particulier du lieu. Qu’elle soit partagée, collective, individuelle ou familiale, la mémoire est pour nous une source inépuisable d’inspiration. Préoccupées par les questions identitaires qui nous sont propres, nous fouillons, dérobons, détruisons et reconstruisons les archives collectées dans les albums photos et documents anciens de la famille.

En tant que sœurs, nous avons longtemps partagé une même chambre. Lieu de tous les imaginaires, les jeux et les rires, ce fut aussi l’antre de tous les secrets et de toutes les peurs. C’est l’espace qui a vu naître nos plus grands projets, mais aussi celui qui a renfermé nos plus sourds conflits. Construire, bâtir des univers pour mieux échapper au nôtre, la chambre que nous partagions a toujours été un lieu de création. Plus tard, la pratique artistique en duo s’est imposée à nous. Nous avions ce besoin irrépressible de partager à nouveau cet espace magique de création, là où tout prend forme, là où les rêves et les cauchemars des petites filles que nous étions auraient à nouveau une place.

Notre atelier mute et se transforme au gré de nos déplacements. À l’image de notre lieu de vie, la Guadeloupe, notre atelier est archipélique. Il contamine notre espace de vie : l’atelier-jardin, l’atelier-salon, l’atelier-chambre, l’atelier-Guadeloupe, l’atelier-Martinique… autant d’espaces qui peuvent se déployer ou disparaître selon nos besoins, nos envies et nos projets. Il s’est construit dans nos ateliers une forme de communication unique. C’est un dialogue bouillonnant lorsque nous préparons un projet, puis un silence étouffant quand nous pratiquons enfin. Chaque geste, chaque choix de l’une, requiert une réponse plastique de l’autre. La communication s’établit dans la création, un langage tout à fait nouveau naît dans l’atelier.

[Figure 1]

Cet article établira une réflexion autour du partage d’atelier entre sœurs en Guadeloupe et Martinique, de la chambre d’enfant aux différents espaces que nous partageons aujourd’hui, en passant par les ateliers que nous avons investis en résidence. Le texte mettra en avant les particularités de notre pratique qui découlent des différentes formes de relation qui coexistent dans l’atelier, notamment la relation au lieu. Il détaillera en particulier la création d’un outil de communication que nous avons développé au sein de nos espaces de travail sous la forme d’un « mur des idées », où cohabitent pensées, messages, croquis, archives, etc.

L’atelier est un espace dédié à la pratique artistique, où les artistes nourrissent et mettent en forme leurs projets. C’est un lieu où les idées émergent. L’atelier peut revêtir différentes formes et tailles, allant d’une pièce spécialement aménagée à un espace aux frontières floues.

En tant que lieu de création, l’atelier offre un environnement propice à la concentration, à la réflexion et à l’expérimentation. Il est l’espace personnel où l’artiste peut se retirer du monde extérieur. L’atelier est souvent équipé de matériaux et d’outils nécessaires à la réalisation des projets artistiques.

Pour autant, l’atelier ne se limite pas toujours à un seul lieu défini. Il peut être éclaté en plusieurs espaces, contaminer ou être contaminé par l’espace de vie. Il peut également dépasser l’idée d’espace physique et devenir un espace mental, réflexif.

Notre particularité est de travailler en duo et entre sœurs. La définition de l’atelier est de fait modifiée, troublée, élargie. L’atelier devient un espace de retrouvailles. Nous sortons de nos solitudes respectives pour nous retrouver. Nous fuyons le brouhaha du monde pour nous isoler, à deux. Nous nous retirons dans un univers que nous avons créé depuis de nombreuses années, peut-être depuis toujours. Nous travaillons officiellement ensemble depuis 2018, à la suite d’une résidence artistique en Martinique où nous avons partagé un atelier pendant huit mois. Pourtant, nous avons la sensation que le duo d’artistes existe depuis notre rencontre, nos premiers jeux, nos premières constructions.

Cette résidence artistique en 2018 à Fort-de-France nous a permis d’avoir un atelier à La Coursive1 par l’intermédiaire de La Station culturelle2. C’est la première fois que nous avons expérimenté un espace d’atelier hors de nos domiciles. Cette opportunité nous a obligées à repenser l’organisation de notre pratique et notre façon de travailler.

Très intéressées par l’architecture et les problématiques urbaines, nous nous sommes retrouvées plongées au cœur de nos inspirations, en plein centre-ville de Fort-de-France. De la fenêtre de l’atelier, nous voyions la rue et les bâtiments, entendions les voisins, sentions les odeurs du quotidien de la ville. Cela nous a permis d’avoir un nouveau regard, de collecter et de développer de nouveaux imaginaires. Le programme de résidence impliquait que d’autres artistes occupaient et visitaient des ateliers dans le même bâtiment. Des temps de rencontres et d’échanges étaient improvisés ou organisés afin d’enrichir nos pratiques respectives et créer une dynamique de groupe. Étant deux, nous formions déjà un groupe au sein du groupe.

Notre lieu de création avait toujours été intimement lié à notre lieu d’habitation. C’était la première fois que nous expérimentions un espace exclusivement dédié à la pratique. Au départ nous avons été enthousiastes et avons investi les lieux en apportant beaucoup de matériel. Nous avons passé beaucoup de temps à ranger/trier, et c’était l’occasion pour nous de débarrasser notre lieu de vie de cette charge. En revanche, une fois chez nous (nous vivions ensemble à cette époque), nous continuions le dialogue, la réflexion et étions souvent frustrées de ne pas avoir accès directement à l’espace d’atelier. Dans ces moments-là, l’espace de création pouvait nous sembler loin, inaccessible et limité par rapport à notre façon de travailler.

Nous avons alors pris conscience que notre pratique s’étend à toutes nos interactions. Chaque dialogue, chaque pensée partagée est une fenêtre ouverte sur l’atelier. En adaptant notre processus de création à cette idée, notre atelier est devenu archipélique. Peu importe nos conditions de vie où de travail, si nous sommes en résidence de création sur un autre territoire ou en conversation sur la terrasse de chez nous, l’atelier est devenu cet espace que nous ouvrons entre nous deux, n’importe où et n’importe quand. Des îles-ateliers se sont mises à émerger de notre quotidien et de notre intimité, qui forment ce liant, cette mer, nécessaires à la naissance de cet archipel. Notre atelier est depuis cet espace magique qui se déploie et se replie chaque fois que nos réflexions se rencontrent.

L’idée de l’atelier comme espace mental rejoint la réflexion de Gaston Bachelard dans son ouvrage La poétique de l’espace3. Pour lui, l’atelier dépasse l’espace physique et s’étend à un espace mental où les concepts et les inspirations font naître les idées. Il parle également d’une « connexion » entre l’artiste et sa pensée. En tant que duo, cette connexion est pour nous nécessaire pour passer de la réflexion à la création en restant fidèle aux idées et aux esthétiques propres à chacune.

C’est pourquoi nous avons tout de même dû mettre en place un outil qui a une importance majeure dans notre pratique. Le mur des idées est un espace (un mur) sur lequel nous projetons et mettons en commun nos pensées. Après s’être heurtées plusieurs fois à des incompréhensions de l’une ou l’autre, nous avons compris que la symbiose et l’harmonie ne pouvaient être parfaites ou évidentes. Sur ce mur, nous punaisons, scotchons et agrafons toutes sortes d’images et de documents qui nous permettent de visualiser notre pensée commune. C’est comme un troisième cerveau sur lequel nous sommes toutes les deux synchronisées. Croquis, photographies, découpages, annotations, messages apparaissent et disparaissent du mur au gré des différents projets.

[Figure 2]

Le mur des idées se met en place naturellement dans l’atelier. Nous échangeons, faisons émerger une idée avant de commencer à collecter et fixer sur ce mur tout ce qui nous aide à visualiser le projet. Grâce au mur des idées, nous avons une vision globale des couleurs que nous allons utiliser, des formes et des compositions envisagées, des documents que nous allons coller, etc. Cet espace fait ressortir l’atmosphère de notre prochain projet, dont nous sommes toutes les deux imprégnées au moment de la réalisation.

Le mur des idées est en somme un lieu de mise en commun de la pensée. Tous les espaces individualisés tels que nos réflexions propres, nos chambres, nos carnets, se mutualisent dans ce nouvel espace qui émerge dans notre atelier. Cette pensée commune se déploie dans chacun des espaces que nous occupons ou que nous identifions comme des ateliers, qu’ils soient ponctuels ou qu’ils fassent partie de notre quotidien.

Bien entendu, cette manière de travailler dans une multitude d’espaces est d’abord un moyen de contrer la mobilité permanente que nous expérimentons en tant que Guadeloupéennes. Habituées aux déplacements maritimes et aériens dans notre enfance, nous avons de fait une vision assez fluide et mouvante des espaces de création. Comme beaucoup d’Antillais, nous avons dû partir faire nos études en France hexagonale où nous avons vécu une forme de déracinement, et le sentiment d’être nomade. Pendant plus de dix ans, nous avons vécu, étudié et travaillé en dehors de la Guadeloupe, dans des situations toujours provisoires, parfois précaires. L’impermanence et l’incertitude nous ont empêchées de nous installer durablement, de faire nôtres des espaces de vie et de travail.

Ce mode de vie a non seulement conditionné notre façon de travailler, mais également notre pratique en elle-même. Habituées à nous installer et nous désinstaller régulièrement, nous avons rendu nos ateliers nomades et éphémères. Mais notre pratique en a aussi été impactée. Ne pouvant pas emporter toutes nos œuvres et tout notre matériel à chaque déplacement, nous avons trouvé des solutions pour produire rapidement et efficacement en toutes circonstances.

Par exemple, nous avons une forme d’attachement aux matériaux et au matériel que nous collectons sur place. Une forme de débrouille s’installe dans notre pratique et devient un jeu que nous cultivons. Nous créons nos outils et nos pigments à partir de ce que nous trouvons sur place, fusains de bois locaux, pigments organiques, etc. Où que nous soyons, nous pratiquons ces rituels qui nous permettent de nous ancrer dans notre pratique et dans le lieu. Chacune de nos productions porte l’empreinte profonde de son espace de création. Les dessins et toiles que nous avons réalisés dans notre atelier de Ducos en Martinique sont faits à partir de fusain de manguier de notre jardin de l’époque. Certaines toiles renferment encore les brins d’herbe de ce même jardin, pris dans la peinture. Dominique Berthet affirme dans son ouvrage Art contemporain en Martinique : « Toute pratique artistique est également imprégnée d’un lieu, d’un environnement. Elle porte de façon plus ou moins visible la trace, la marque de cette imprégnation »4. C’est aussi très présent dans notre travail de volume lorsque nous mélangeons béton et terre environnante. Nous ajoutons également sur nos sculptures des objets (fers rouillés, carreaux, etc.) ou des éléments organiques (insectes, feuillages, etc.) collectés aux alentours. Cette pratique de la collecte est comme un jeu d’enfant, puisque nous abandonnons régulièrement nos trouvailles, comme deux petites filles qui laisseraient un tas de cailloux sur la plage.

Malgré nos déplacements réguliers, nous sommes restées attachées à la pratique du grand, du lourd, voire de l’intransportable. Pour nous, produire selon ces critères, quitte à devoir abandonner les œuvres, a plus de sens que de produire petit et léger et d’y rester accrochées physiquement. Ces situations nous ont conduites à accentuer et exagérer la taille et le poids des œuvres, jusqu’à développer cette esthétique de l’abandon. Cette façon d’appréhender notre pratique est particulièrement prégnante dans notre travail du volume. Nous ne comptons plus les sculptures abandonnées dans les jardins de nos anciennes maisons ou dans les rues de Fort-de-France. Nous ne craignons pas de détruire notre travail, bien au contraire, la destruction fait partie de notre processus de création et vient alimenter notre démarche. Ayant pour fil conducteur les questions qui tournent autour de la mémoire, du souvenir, nous traitons particulièrement l’idée du tabou et du secret. L’effacement, la destruction et le morcellement sont donc des procédés plastiques qui entrent en écho avec la perte quasi systématique de nos œuvres.

Aussi, en Guadeloupe comme en Martinique, le climat chaud et humide représente une forme de menace pour les œuvres. Stocker une toile dans un atelier devient un véritable défi. La laisser roulée trop longtemps risquerait de l’exposer à la moisissure, aux insectes qui cherchent des endroits pour nicher, pondre, grignoter… il est donc indispensable de déployer régulièrement les toiles, les dessins et même les matériaux. Il faut s’en occuper, les aérer, les ausculter, sinon elles seront perdues ou endommagées. Ces données environnementales transforment évidemment le rapport de l’artiste à l’œuvre dans l’atelier. Obligées de nous confronter régulièrement à nos anciens travaux, nous y revenons. L’envie de les modifier, les réexploiter, de se les réapproprier est parfois irrépressible. Les ateliers deviennent alors dynamiques et toutes les œuvres, tant qu’elles y sont, sont inachevées.

L’idée de l’atelier archipélique comme évoquée plus haut reprend son sens au regard de tous ces lieux que nous avons investis et abandonnés, laissant derrière nous des traces et des souvenirs qui constituent cet archipel. Nous gardons dans notre esprit une cartographie de tous ces espaces-ateliers habités par des morceaux de nous-mêmes. Notre pratique étant empreinte de nos souvenirs, de notre mémoire familiale, se fragmente et poursuit sa vie en dehors de notre maîtrise, mais également dans notre imaginaire. Nous imaginons ANNA, une de nos sculptures, abandonnée dans un jardin martiniquais, vivre une vie (une mort ?) hors de notre champ d’action. L’œuvre s’autonomise dans son espace physique et notre espace mental.

L’archipélité se matérialise aussi au sein de notre atelier actuel. Il est éclaté, se déplace dans différentes pièces de l’appartement que nous partageons. Un mur est investi dans le salon, un placard sur la terrasse, un bureau dans une chambre. Ces éléments forment des îlots dans notre habitat, qui parfois se rejoignent et engloutissent notre quotidien. L’atelier est mouvant, changeant, apparaît et disparaît. Au regard de l’archipel, on ne sait plus si l’atelier est îles ou océan, tant il entoure, submerge et conditionne notre espace de vie. Dans tous les cas, les flux créateurs, temporels, mémoriels traversent notre pratique artistique.

Le flux documentaire fait également partie des courants qui régissent notre travail plastique. Archives, photographies, documents, citations plastiques, etc., nourrissent notre imaginaire et règnent dans l’atelier comme la source de notre création. C’est pourquoi la bibliothèque tient une place majeure dans cet archipel-atelier. Elle renferme à la fois des ouvrages et du contenu théorique, mais aussi la collection d’archives dérobées à notre famille. Les albums photos, lettres, bulletins scolaires des générations précédentes, documents officiels et secrets inavoués constituent ce trésor que nous nous sommes approprié. C’est dans ce contexte que l’atelier renferme non seulement différents espaces physiques et mentaux, mais aussi des espace-temps qui semblent se rencontrer par le biais de notre pratique et des images que nous fabriquons. Ces images ne sont plus rattachées directement à des souvenirs qui nous sont propres, mais à une idée globale de la famille et de la mémoire. Marianne Hirsch écrit à ce sujet : « Si un instrument a contribué à construire et à perpétuer l’idéologie qui lie la notion d’humanité universelle à l’idée de familialité, c’est bien l’appareil photo et ses dérivés, l’image photographique et l’album de famille »5.

Au même titre que les œuvres, la bibliothèque et son contenu doivent être entretenus. Nous prenons soin de cet espace que nous consultons régulièrement. La conservation des photographies est une problématique qui nous préoccupe. Le climat humide tropical détériore certaines photographies, champignons, surfaces collantes, agglomérations des tirages. Nous entretenons les photographies qui constituent une source précieuse pour nos œuvres, mais nous prenons également plaisir à découvrir ou redécouvrir des boîtes et paquets oubliés où toutes formes de pourritures et de moisissures ont altéré et redessiné l’image. L’effacement, le trouble et l’autonomie de l’image face à sa propre érosion nous fascinent et font naître l’idée d’un souvenir figé, mais vivant. L’atelier devient presque une entité qui nous propose des pistes et participe à nos différents projets. L’atelier sujet aux conditions climatiques tropicales et à notre mobilité d’îliennes façonne lui-même des objets, des outils qui s’imposent à nous. Rouille, moisissures, déformation des matériaux sont autant d’inspirations qui nourrissent autant notre démarche réflexive et sa mise en forme.

Nous pratiquons aussi la vidéo d’art. C’est une pratique qui est évidemment très différente de la peinture et la sculpture qui s’exerce dans un lieu et avec des outils précis. La vidéo nous permet de nous projeter sur l’extérieur. L’atelier est alors ouvert sur le monde, les mondes. Nous affectionnons particulièrement la prise de vue subaquatique, ce qui nous permet d’élargir notre espace de travail au-delà du territoire tangible. Nous remettons en question dans notre pratique vidéo la notion de frontière, notamment la limite terrestre des îles que nous habitons. Cette pratique est à l’image de notre atelier, mouvante et indéfinie dans les espaces et dans le temps.

Pour conclure, l’atelier partagé dans le cadre d’une pratique intrafamiliale aux Antilles contient des aspects qui conditionnent sa forme et son organisation. Le fait de travailler entre sœurs matérialise déjà une dualité. Nous sommes deux éléments distincts qui formons un tout, nous sommes deux fragments de notre duo. Nous sommes un archipel, deux « îles-sœurs » (à l’image de la Guadeloupe et la Martinique), avec chacune des singularités voire des différences profondes qui semblent partager la même histoire, sans pour autant toujours se comprendre et se l’approprier de la même manière. Nous avons l’impression de partager les mêmes blessures, qui revêtent des aspects pourtant très différents. Nous mettons en scène cette dualité dans notre atelier en essayant de nous rejoindre dans des espaces de création et de narration communs. L’atelier nous permet de nous rencontrer différemment, de nous découvrir et de nous connaître nous-mêmes tout en apprenant de l’autre. La communication et le dialogue sont les éléments activateurs de l’atelier (des ateliers) que nous occupons physiquement et métaphoriquement.

L’atelier fait partie de notre quotidien et de notre intimité. C’est un lieu de narration secrète qui exclut parfois la parole. Le geste artistique suffit parfois à se raconter l’indicible. Seul l’atelier propose cet espace sécurisant où nous nous sentons en confiance, dans une sorte de cadre. L’atelier émerge au milieu de la vie, à n’importe quel moment et n’importe où, dès que nous en avons envie ou besoin. C’est pourquoi il est par nature fragmenté et archipélique d’un point de vue spatial et temporel.

De plus l’atelier est partie prenante de notre travail. Les aspects climatiques tropicaux le rendent presque vivant et autonome. Il semble façonner ses propres objets et sa propre mémoire. L’atelier est comme un être habité par nos deux consciences. Il est le corps qui nous permet de nous exprimer d’une seule voix. Cette même voix nous permet de partager la responsabilité de l’œuvre qui en sort et du récit qui en découle.

Citer cet article

Mathilde Bonnet et Pauline Bonnet, « I. 5/ Sœurs-artistes aux Antilles : l’atelier archipélique, espaces de communication », [Plastik] : Ateliers d’artistes contemporains en Caraïbe #18 [en ligne], mis en ligne le 9 avril 2026, consulté le 10 avril 2026. URL : https://plastik.univ-paris1.fr/2026/04/09/i-5-soeurs-artistes-aux-antilles-latelier-archipelique-espaces-de-communication/

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