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Dialogues avec Lygia

Dialogues avec Lygia


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J’avais envie de parler de Lygia Clark avec les danseuses, chorégraphes, enseignantes et pour certaines praticiennes somatiques Marine Bikard, Valentina Desideri, Alix Eynaudi, Catalina Insignares, Anne Juren, Julie Laporte, et Carolina Mendonça, Teresa Silva. Qu’on s’entretienne autour d’elle – avec elle ?

Qu’on se demande comment sa pratique artistique et sa vie continuent à circuler en nous (pour reprendre littéralement la proposition curatoriale d’Anne-Lou Vicente). Je pensais à ces femmes artistes en particulier parce que j’avais des relations déjà engagées avec chacune d’entre elles, entre des collaborations et des amitiés de très longue date et des rencontres plus récentes. Non pas que pour toutes la présence de Lygia Clark soit au cœur de leur recherche, mais j’avais l’intuition que dans le travail de chacune, il y avait des élans qui tenaient peut-être, du moins en partie, aux chemins que Lygia avait déjà empruntés. Ou peut-être ai-je seulement projeté sur elles la sensation qui était la mienne ? Lygia Clark représente pour moi une force d’autorisation considérable dans la manière qu’elle a eue d’indiquer jusqu’où les gestes qu’on engage peuvent aller. Il suffit parfois que je pense à elle pour sentir un espace de possibilités s’ouvrir.

Je reste bouche bée face à la force avec laquelle elle a su instaurer un espace de pratique où les glissements entre l’art, la clinique et la pédagogie constituent le cœur même du travail. Je l’entends répéter en boucle une phrase qu’elle aurait pu prononcer : « les questions de définitions, de catégories – et même de représentation – ne me concernent pas, seul me concerne ce que sentir peut faire. » Peut-être que mon désir de parler de Lygia Clark, avec Lygia Clark, était chargé de cette question particulièrement saillante par les temps qui courent : est-ce que sentir peut encore faire quelque chose ?

Proposer à ces femmes artistes de parler de/avec Lygia Clark consistait non seulement à m’adresser à la manière dont elles aussi circulaient entre art, soin et pédagogie, mais c’était surtout chercher un moyen de me relier à leur inquiétude. Toutes étaient inquiètes – parfois très inquiètes. Se demander, par l’entremise de Lygia Clark, ce que sentir peut faire maintenant ? était une manière de répondre collectivement de notre inquiétude.

Alors tout au long de ces dialogues, j’ai joué avec l’idée que Lygia Clark avait aussi rendu ces rencontres possibles. Ou peut-être que j’ai initié cet espace de dialogue pour sentir, à nouveau, comment chacune de ces femmes compte pour moi ? Je nous vois prises ensemble dans la toile faite des fils infinis qui sortent de nos bouches, avec Lygia Clark assise sur une chaise dans un coin de la pièce, qui nous regarde de loin.

Et puis, il y a la lettre que la chorégraphe Jennifer Lacey écrit au moment où elle conçoit I heart Lygia Clark aux Laboratoires d’Aubervilliers en 2010 en collaboration avec les artistes chorégra-phiques Barbara Manzetti et Audrey Gaisan :

« Ma chère Lygia,
Je suis à Malmö et je pense à toi. L’air est bourré d’iode et les mouettes ici ont une tonalité plus aiguë qu’en France. C’est vrai que toi et moi, nous n’avons pas grand-chose en commun (à l’exception peut-être de l’effet “Américaine-à-Paris”), mais les sentiments que j’éprouve à ton égard sont bien réels. Pour m’expliquer : je viens d’un pays où le sens de l’Histoire est à mon goût trop lié au nationalisme. Je suis aussi, comme toi, une Lady-Artist et j’ai du mal à me situer dans l’historique de mon métier, surtout à cause du mal de mer induit par cette sorte de nationalisme qui ne m’appartient pas. Donc, ma Lygia, dépaysée comme je suis, je te déclare mon intention de lier ponctuellement toutes mes activités sous ton drapeau, toi en tant que pays, toi en tant qu’historique. Ne t’inquiète pas. J’espère que mes collègues et moi nous ne fonctionnerons pas dans une logique d’hommage, une forme trop peu respectueuse de mon point de vue. On colonise plutôt un nouveau terrain avec ta tête gravée sur la monnaie. Je te remercie pour ton travail Lygia, et je m’excuse par avance, car le travail que nous faisons, moi, Barbara et Audrey, n’est surtout pas de l’ordre de la thérapie mais plutôt de l’expérience esthétique, comme Caetano Veloso l’a dit de ses expériences avec toi. Peut-être a-t-il mal compris ? Peut-être que nous aussi. Ne t’inquiète pas, on laissera tranquille la terre que tu as cultivée. C’est sans doute bien obscur ce que je dis mais je crois que ça te plaît, non ? En tout cas, le travail ne se situe pas sur la page, et sur ce point on est d’accord. Donc le mois de mai à Aubervilliers sera à toi et à nous aussi. Et à ceux qui nous rejoindront. Mais là maintenant, ici en Suède, je pense à toi et mes sentiments appellent un soula-gement qui arrive quand on met les mots sur les choses. Et je les dis bien entendu pour mon bien-fait en espérant qu’ils te toucheront aussi.
I love you Lygia Clark. »

J’adore cette lettre – ce rapport de proximité avec Lygia Clark que le ton de la lettre semble recouvrir. Comme si elle était là – juste à côté. Peut-être autorise-t-elle justement à ce qu’on tente de se glisser là, juste à côté d’elle ? Je me suis demandé comment on pouvait tenter ce glissement à nouveau. J’ai à plusieurs reprises fait un usage un peu sauvage de l’induction hypnotique, un outil qui permet de se parler dans un état liminal entre veille et sommeil. État parfois propice à ce que des chemins imaginants insolites apparaissent. État depuis lequel on peut voir surgir d’autres images, ou depuis lequel on peut se laisser croire aux images comme si elles étaient là. Je me suis demandé comment faire de cet état un espace de rencontre entre Lygia Clark et chacune des femmes artistes citées plus haut : la convoquer depuis les images qui se manifestent lorsque quelque chose en nous se laisse dériver.

J’ai donc proposé des entretiens sous induction à chacune et nous avons causé une paire d’heures les yeux fermés, soit dans le même espace, soit entre deux villes branchées via câbles, téléphones et ordinateurs.

Je commence par leur demander si elles se rappellent la dernière fois où elles ont pensé à Lygia Clark. En écho à leur réponse, je choisis un extrait dans les lettres que Lygia Clark a écrites tout au long de sa vie – extrait que je leur lis à haute voix. Puis, je leur propose de s’allonger et de fermer les yeux. Elles tiennent une pierre dans une main – pierre qu’elles se sont choisie avant notre rendez-vous, et qu’elles gardent tout au long de notre échange, comme Lygia Clark le proposait lors des séances du « Estruturação do Self1 » [Structuration du Self, 1969]. Une fois allongées, je les guide par la voix dans un trajet de sensations et d’images qui consistent à tenter de se déplacer dans un espace qui n’est, potentiellement, plus seulement celui dans lequel elles sont allongées. Puis, à partir de là, je commence à poser des questions et nous entrons en dialogue. J’ai un script très ouvert qui n’a de cesse de se transformer en fonction des réponses que chacune formule. Pour finir, je propose systématiquement que Lygia Clark leur passe un de ses coussins en plastique, épais, rempli d’air, qu’elles peuvent alors placer où elles le souhaitent sur leur corps. En faisant cela, je reprends également le geste qui a été le sien pour clôturer chaque séance du « Estruturação do Self ».

Dans le cadre de cette publication, j’ai fait le choix de partager l’entretien avec Anne Juren simplement parce que sa pratique tisse une relation de proximité revendiquée avec celle de Lygia Clark. Son travail chorégraphique ne cesse d’emmêler la danse, l’écriture poétique et la thérapie somatique générant un espace performatif où une transformation sensorielle et imaginante est en jeu. Après un doctorat à l’université des arts de Stockholm (« Studies in Fantasmatical Anato-mies » sous la direction d’André Lepecki et Sandra Noeth), elle poursuit actuellement sa recherche à Rio dans le cadre d’un post-doc.

Nous nous appelons donc un jour d’hiver. C’est le soir au studio de La Courneuve-Aubervilliers où je me trouve et c’est l’après-midi pour Anne à Rio.

Elle me parle de deux rencontres qu’elle a faites à l’hôpital psychiatrique Instituto Municipal Nise da Silveira (où Lygia Clark a été invitée, de manière épisodique et informelle, à développer son travail) : celle avec Lula Wanderley, un artiste psychiatre, formé par Lygia Clark, qui est reconnu comme praticien de la thérapie qu’elle a développée. Et celle avec Gina Pereira, une psychologue sociale, également formée par Lygia Clark, qui a amené cette pratique thérapeutique vers le soin psychiatrique.

Elle me raconte aussi une de ses premières visites de l’hôpital où elle sent la présence encore tangible de Lygia Clark dans l’espace. Elle me décrit la sensation qu’elle a d’être plongée dans un contexte où l’histoire de ces pratiques hybrides (entre psychanalyse, psychiatrie, pratiques somatiques et artistiques) est radicalement différente du cadre européen. Elle répète le mot « hybride » plusieurs fois. Je sens qu’elle me parle depuis ce mélange qui pour elle prend une forme nouvelle.

En écho à ce qu’elle me dit, je lui lis un extrait des carnets de Lygia Clark, écrit au milieu des années 1980. Elle y évoque la transmission de sa pratique à Gina Ferreira et la manière dont le soin thérapeutique qu’elle propose semble plus adapté aux personnes psychotiques en crise qu’aux personnes névrotiques pour lesquelles le soin semble plus long et moins efficace. Elle y évoque aussi la manière dont elle cherche à se positionner pendant et après les séances.

Puis je lui propose de s’allonger et de prendre la pierre qu’elle s’est choisie dans une de ses paumes de main. Je l’invite à fermer les yeux et je commence à la guider avec ma voix.

Maintenant que tes yeux sont fermés et que ton corps est allongé, je vais t’inviter à laisser ton attention glisser vers les micro-volumes d’air qui rentrent par les cavités de tes deux narines et peut-être de ta bouche si elle est ouverte.
Et de suivre le trajet de ces volumes d’air – là où ils se rendent.
Peut-être que ça circule dans le volume de la tête, de la gorge, de la cage thoracique… peu importe le trajet que ça prend – de laisser l’attention suivre.
Et de noter la manière dont l’air redessine les volumes qu’il traverse – la forme de ces espaces une fois que l’air les traverse.
Comment l’air sort et rejoint le volume d’air de la pièce.
De passer un moment avec ces échanges d’air entre le volume de la pièce et les volumes à l’intérieur du corps. Comme si c’était un seul et même trajet d’air.
Et à mesure que ces échanges d’air se font, je vais juste t’inviter à laisser ton attention glisser vers la sensation de ton poids posé sur le matelas.
Ça peut être un seul et même poids ou des poids épars selon les différentes zones du corps.
De la même manière que tu as suivi l’air, de te laisser suivre le trajet de ton poids, son mode de descente vers la gravité. Comment ça descend, à quelle vitesse ça descend ?
Et de laisser ton attention glisser vers une zone de ton corps qui, pour une raison ou pour une autre, résiste à la gravité. Une zone de ton corps qui serait comme suspendue au-dessus du poids.
Et de laisser l’attention zoomer sur la zone, s’en approcher au maximum comme si l’attention pou-vait toucher la zone, se poser sur elle, l’envelopper. Et graduellement, je vais t’inviter à laisser une matière, peu importe laquelle, remplacer ton attention.
Une matière qui va venir donner son poids, sa texture, sa température à la zone.
Se poser sur elle, l’envelopper.
Et graduellement, la matière va s’infuser, s’infiltrer, pénétrer à l’intérieur de la zone et rentrer en contact, en dialogue avec ce qui est déjà là.
La matière va toucher peut-être même s’emmêler, se mélanger avec tout ce qui est déjà là.
De laisser ce mélange se faire – ou pas.
Et petit à petit, le mélange va s’étendre, se propager aux zones voisines comme s’il avait sa dynamique propre, son rythme, sa fréquence.
Et petit à petit, ça va s’étendre à l’ensemble du corps.
À mesure que ça se propage, de noter ce que ce mélange transforme à l’intérieur mais peut-être aussi dans ta forme.
De te laisser observer la forme ou les formes qui tu prends à mesure que ce mélange se fait.
Et graduellement, ces transformations vont continuer à se faire sans que tu aies besoin de les suivre et de glisser à nouveau vers le volume d’air de la pièce. Et de laisser ce volume d’air s’étendre au-delà de la pièce jusqu’à l’ensemble bâtiment et au-delà du bâtiment… et petit à petit de laisser les volutes, les densités, les rythmes de l’air, aller là où ça a besoin d’aller.
Et de laisser cet air soutenir ta forme, ton attention, de te laisser porter par l’air.
De là où tu es, peu importe là où tu es, je vais te proposer de zoomer sur une zone de tes contours, une zone touchée par l’air.
De zoomer dans la sensation du toucher entre la matière de l’air et ton enveloppe.
De là où tu es, peu importe là où tu es, je vais t’inviter à laisser ton regard plonger vers le bas.
Et en contrebas, va apparaître un morceau de paysage.
Un fragment de paysage qui peut t’être familier ou que tu vois pour la première fois.
Et de laisser ce morceau, ce fragment de paysage, attirer ta forme vers le bas.
Petit à petit, ça va descendre comme une chute lente vers ce morceau de paysage.
Et de te laisser atterrir sur ce fragment de paysage, qu’il puisse accueillir ta forme, ton poids, ton attention.
Une fois que tu as atterri et c’est peut-être déjà le cas, le paysage va se déplier, se déployer graduellement devant toi, autour de toi, au-dessus de toi, sous toi.
Et quand tu sens que c’est possible tu peux me dire où tu es.

C’est une pièce fermée dans un immense espace. Le sol est un peu mouillé – pas glissant mais quand on marche dessus, ça n’est pas fixe. Ça bouge très légèrement.

Tu es dans quelle position ?

Je suis debout, pieds nus, quasi immobile. Le sol est particulier donc je bouge les pieds pour sentir le support. À cause de cette humidité dans le sol, je me demande ce qui se passe avec l’eau. C’est plus qu’humide. Comme une légère, mini inondation. Quand je pousse le pied, il y a un peu d’eau qui sort mais ça ne fait pas peur. L’eau est plutôt chaude, ça n’est pas désagréable. Et puis, certainement influencée par le fait que je suis à Rio, j’ai l’impression qu’il y a une montagne quelque part.

Et si quelque chose dans tes yeux change ?

Je vois du coton qui vient juste d’être cueilli. Une matière blanche de coton. Il y a une sensorialité très forte dans l’espace où je suis. Ça n’est pas très défini mais c’est fort. Il y a juste ce blanc cotonneux et l’humidité.

Ça résonne quelque part dans ton corps ?

Ma cuisse droite. Il y a du pneu noir, lourd qui est rentré dans ma cuisse tout à l’heure. Ça l’immobilise et le reste de mon corps vole ou veut voler. Il y a ces deux sensations contradictoires : le reste de mon corps veut voler mais ma cuisse retient l’envol. Le pneu est devenu goudron.

Et ça va où ?

La chambre dans laquelle j’ai habité enfant. Je suis seule devant la fenêtre sans rideau. C’est très lumineux. Je suis allongée dans mon lit d’enfant. Il y a le poids de mon corps – mon corps d’enfant.

Est-ce que ce corps et cette chambre pourraient cohabiter avec le coton et le sol humide ?

On vivait dans une ferme où le sol était légèrement penché. Je joue aux billes et ça glisse tout seul. Les murs sont biscornus. C’est L’écume des jours de Boris Vian. C’est l’écume des jours qui ramène les deux espaces ensemble.

C’est où dans ton corps ?

Ça s’arrête au diaphragme. S’il y avait de l’eau, elle remonterait des jambes jusqu’au diaphragme. C’est comme si je voyais de haut. Comme si l’enfance se voyait de haut.

« Pause ».

Il y a un creux. Ça creuse. Dig in, dig in, dig in.

Lygia te rejoint ici.

La surface mouvante et les ballons remplis d’eau. Il y a toujours de l’eau fuyante. Et on est occupé à la récupérer dans des sacs. On sent l’eau qui se contient. Depuis la cuisse et le ventre, on sent ce que ça fait de prendre l’eau, de sentir le poids de l’eau. Pas le poids du corps mais un autre poids. Un poids extra-terrestre. Une matière qui parle de nous mais autrement.

Elle sait que tu es là ?

C’est bien possible. Elle m’invite à récupérer l’eau. Elle est avec moi mais elle ne le fait pas. Elle n’est pas responsable. Elle me laisse faire sans me charger de son vouloir à elle. Elle m’invite à construire du poids avec les choses qui m’entourent.

Elle est où ?

Elle va et vient. Elle n’est pas dans la pièce tout le temps. Elle est comme chez elle, elle apparaît, disparaît. Elle doit aussi s’occuper d’elle. Je la sens plus toute jeune. Elle se déplace lentement, prend du temps pour chaque chose. Mon temps est accordé à sa lenteur. Elle est maquillée, les cheveux attachés en boule comme à son habitude. Elle vient dans la pièce et regarde sans regarder, avec une attention flottante, réconfortante. L’atmosphère est à la fois onirique et très concrète.

Tu aurais une question à lui poser ?

Quelque chose qui tourne autour de son rapport avec la psychanalyse : qu’est-ce qu’elle en a pensé ? Qu’est-ce que ça a changé pour elle ? Comment ça s’est articulé dans le passage entre la psychanalyse en France et sa vie à Rio ? Comment elle en est sortie ? Comment elle a continué à pratiquer pour elle-même ? Comment elle a tissé des liens entre la psychanalyse et la pratique artistique ? Comment elle va maintenant ? C’était quoi son urgence ? Qu’est-ce qu’elle a fui ?

Elle te répond ?

Elle a fui le régime dictatorial. Elle s’est réfugiée en France par peur. Elle a aussi fui des catégories de pensée. Et une relation et sa famille. Elle a créé une autre famille. Elle a pensé l’attachement : comment on s’attache et comme on se détache ?

Si elle t’apportait quelque chose que tu n’as pas.

Ma mère est morte il n’y a pas longtemps. Il y a un passage entre ma mère et Lygia. Elles se ressemblaient même un peu physiquement. Une sensation de soutien qui résonne avec ce que pourrait être un lignage de mère en mère.

En une matière ?

Un drap qui couvre sans étouffer. Une deuxième peau.

Ce drap il va où ?

Parce qu’il y a ce drap, il peut y avoir du collectif. Il permet à la multiplicité d’apparaître. C’est une couche protectrice pour chacun·e, alors on peut se frotter les un·e·s aux autres. Il y a plein de monde tout à coup. Les portes se sont ouvertes.

Citer cet article

Myriam Lefkowitz, « Dialogues avec Lygia », [Plastik] : Lygia Clark et les pédagogies d’artistes #20 [en ligne], mis en ligne le 6 novembre 2026, consulté le 06 novembre 2026. URL : https://plastik.univ-paris1.fr/2026/11/06/dialogues-avec-lygia/

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