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Trans-fluences à l’œuvre, et l’image aux bains des écritures

Trans-fluences à l’œuvre, et l’image aux bains des écritures


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Table des matières

« Il est totalement impossible de mesurer les changements des choses par le temps, bien au contraire, le temps est une abstraction à laquelle nous arrivons au moyen des changements des choses.»
Ernst Mach

Résumé

Depuis précisément notre territoire d’expériences, nous essaierons d’observer, au plus près les gestes et les stratégies vivantes mises en « œuvres » dans une économie qui nous intéresse tout particulièrement; celle des écritures numériques. Les techniques de productions ou d’élaboration des images dans le champ photographique ont toujours été une partie consubstantielle des images elles-mêmes. Nous posons qu’aujourd’hui l’architecture générale de ces écritures s’adressent pour l’essentiel aux images en séquences. Le dispositif numérique de capture des flux en a changé radicalement la génération en immergeant le processus dans un feuilletage de traductions.

L’histoire récente de ce nouveau paradigme technique nous fait voyager; du traitement harmonique des pixels en passant par celui des variations dans et entre les images jusqu’à la disparition même des images remplacées par un flux d’écriture… Quelles corrélations avec la nature même de nos gestes artistiques ?

C’est bien l’objet de ce dialogue potentiel que nous entretenons tout d’abord entre nous comme bi-composant artistique mais avec la conviction qu’il peut engager tous ceux qui collaborent à nos propositions comme tous ceux qui résonnent de leurs regards.

Mots-clés

Odyssée, Glaner, Adoption, corpsenécritures, Séquences d’images, Flux, Feuilletage de traductions, Intrications, Écran tissé, HD, 4k / 12k / H262-H265 / Camera Neuromorphique, DCT Discret cosinus, Couplages, Relations, Cribles, Théâtre grec, Intra/inter, Simulation, Modèle, Fictions, Composites

Préambule

L’image unique photographique est aujourd’hui un cas particulier du flux d’images. Si le chemin complet comprend une scène éclairée, un appareil de prises de vues photo-vidéo et un objet, nous nous contenterons ici d’aborder les questions qui tournent autour de l’écriture des images.

Il faut préciser que l’accélération des générations techniques d’écriture des séquences d’images est liée à de nombreux facteurs. Les plus importants en termes stratégiques sont sans aucun doute les besoins militaires, les besoins logistiques de l’industrie et enfin le direct des chaînes de télévisions ainsi que les vidéos à la demande pour le public (streaming-VOD). Ces demandes ont eu pour conséquences d’augmenter la tailles des capteurs, des écrans et des réseaux qui depuis l’an 2000 sont passés de la HD, à la 4k, 5k, 8k…..12k, du réseau téléphone à la fibre optique… et peut être un jour vers un être technique particulier, un Chatbot automatique empruntant les profils de chaque utilisateur pour, à l’insu de son plein gré, vivre et dormir dans sa bulle univers.
Pourquoi des artistes se poseraient-ils, à partir de leurs travaux, des questions à ce sujet puisqu’ils ne sont ni à l’origine de la chaîne technique, ni à l’origine de l’architecture sociale qui produit tel matériel et telle écriture pour les activer ?

La réponse peut-être simple : c’est un travail d’adoption, au sens fort du terme, que toute démarche artistique porte en elle-même.
Notre intuition présente est d’interroger à rebours les signaux faibles, les ambiguïtés entre les couches de représentation, de trouver dans les logiques industrielles du traitement de l’image des stratégies de plus en plus complexes pour tenir dans le présent la captation et l’écriture des formes et ce, accompagné d’élaborations symboliques et logiques riches de sens.
Nous choisirons trois points parmi un grand nombre liés aux différentes opérations nécessaires à l’écriture et lecture des images et séquences d’images – Nous prendrons comme axe principal le fleuve qui va de l’écriture du .jpeg à celles des H264-265-266… jusqu’à la caméra neuromorphique et l’utilisation du fichier .text pour ce dispositif. Ces écritures nous permettent d’observer à l’œuvre un feuilletage d’écritures, de couches ainsi qu’un foisonnement de traductions, de constructions syntaxiques qu’elles soient mathématiques ou logiques.

[Figure 1]

 

Trois moments qui résonnent

  1. jpeg/mpeg, h262_1994 / RétinA BIGCrunch_2013-2018
  2. h264_2003, h265_2013, h266_2021 / HORSUJETS_ 2017-2025…
  3. Camera neuromorphique_2014… / Làoùl’herbeestplusverte_2018-2025…

Ces trois moments, tracent chacun une méthode, au sens de chemin, dans la jungle des formes. Nous entendons par forme à cet endroit, aussi bien les formats d’écriture des images qui sont parfois leur mode de visualisation que les modes analytiques mis à l’œuvre par ces formats dans le traitement des images uniques ou appartenant à une séquence.

Intermède 1

(…) Nous sommes tout proches du corps. Nous précédons les grammairiens des fortifications pour n’être que des grammairiens qui laissent monter sous une forme de rapiéçage la coalescence de respirer, de voir et celle des écritures du corps que j’appelle les corpsenécritures. Alors il est simple d’imaginer que nous devons nous tenir au plus près de la coinitude du glaneur, du corps respirant par les yeux et tout le reste. La grammatisation généralisée advenant dans et par le feuilletage des couches de traductions dans les écritures numériques, nous oblige à faire de notre entendement le lit et le patient dont nous nous occupons. L’intrication des langues formelles, des codes, des ambiguïtés infinies de l’évidence et de la croyance que cette évidence produit, s’amalgament pour repousser le reste. (…)

Premier Moment
jpeg/mpeg, h262_1994
/RétinA BIGCrunch 2013-2018

Si le transport que nous connaissons aujourd’hui des séquences d’images et donc des images se fait par des langues/traductions numériques, il est à noter que pour en accélérer l’écriture, en diminuer le poids, en faciliter la lecture, on a choisi d’utiliser des Transformées de Fourrier (DCT) pour traiter mathématiquement les intensités lumineuses recueillies. On sépare d’abord les couleurs des valeurs de lumière dans une proportion qui est presque égale à celle que nos yeux opèrent. Cette manière de chercher les harmoniques des valeurs de gris ou d’intensité de lumière reçue, est la façon presque biologique d’entrer perpendiculairement à l’image une fois que son information colorée est séparée des valeurs de luminance. Ce premier moment porté par la stratégie complexe du JPEG nous permet, grâce à ces fonctions continues, d’écrire les images avec quelques outils de sténographie !

Contexte RétinA

C’est en produisant un écran-tissé fait de polyester et de fibres optiques, que nous avons approché la convergence numérique, non pas pour elle-même, mais pour interroger les nombreuses écritures de l’image. Il s’agissait d’incorporer des flux d’informations dans un textile, d’inventer en d’autres termes la possibilité d’un textile-écran ou écran-tissé. Le tissage, une des plus anciennes technologies humaines (pour boucler sur une dimension technique propre à toute notre histoire), portait déjà dans l’entrelacs de ses fibres, dans son binaire dessus-dessous, la genèse de l’informatique.

Cette matrice textile connectée contrainte aux très basses définitions nous imposait de repenser les images, d’en comprendre le champ, de saisir les seuils et les codes de visibilité, de les relier à des questions de taille et d’échelle, de découvrir le mouvement comme forme possible, de visiter nouvellement les compressions natives, les vitesses de la photographie mais aussi celles du cinéma, d’explorer des couplages fructueux entre voir et lire … Comment s’y prendre pour faire entrer le monde dans cette définition ? C’était en quelque sorte la question; être au plus près de ce qui se passe à l’intérieur pour atteindre une sorte d’interface terriblement humaine où l’on chemine par étapes… Nous avons ressenti le besoin, non pas de passer par un script qui ferait l’opération en un pas de géant, mais de prendre un chemin plus coûteux, la nécessité d’une opération manuelle faite de paliers successifs.

À chaque étape du travail des critères différents surgissent, et la séquence devient LE lieu où la forme se détache. Dans un premier temps jusqu’au seuil de reconnaissance des formes et ensuite à tâtons en se laissant guider par des critères nouveaux… Au bout de cette descente, des signes très proches d’alphabets inédits nous attendaient. Le mouvement de la forme réglait ou définissait la forme elle-même. Ces signes visuels repérés devenaient les images clés qui structurent nouvellement ce proto cinéma.

[Figure 2]

RétinA dilate en quelque sorte le moment de naissance des images, et s’intéresse aux images potentielles, aux images en formation dont la potentialité vient d’une communication non encore rompue avec l’invisible…

Intermède 2

(…) __Riennepeutsediredenousquinesetransformeenpaysage__n’est pas une phrase, mais une compacité mentale. Pour cela nous avons puisé dans la dramaturgie delphienne du traducteur-requérant, du traducteur-prêtre, de la traductrice-pithie et de la nature grondissante pour mieux révéler le multi-feuilletage des écritures numériques à l’œuvre aujourd’hui. Comme toujours, il s’agira d’une Odyssée sans fin dans l’univers des traductions. Nous nous attacherons au mat du H265 après avoir longtemps puisé dans les Transformées de Fourrier. Pourquoi ? Si nous maintenons le caractère discret des événements tout autant que leur spatialisation continue, si nous nous laissons glisser dans une élasticité topologique sans renier toutefois la langue du géomètre, nous pouvons retrouver des relations et des ambiguïtés nécessaires à notre affaire. Quelle affaire ? Voir, Formes, Faire-Voir. L’image est un verbe, sa conjugaison s’accommode de toute syntaxe. L’image, au-delà du langage, instille par son évidence autant le doute que la certitude. Parlons-en.

Avançons à tâtons, en regardant souvent par derrière, en architecte, construisons nos pas là où vont nos pieds, nos mains. Cette tribulation produit un chemin de pieds et de regards où nous respirons le même air que nous tenons comme rien dans le visible. Nous sentons le pouls et le souffle se donner comme des champs du continu alors que nous entendons les coups comme on récite la suite des chiffres et des nombres. Lors d’une promenade un glaneur, économe des richesses du monde et toujours émerveillé par ce qu’il y grappillait laissa ce-cette motphrase : Riennepeutsediredenousquinesetransformeenpaysage . Arrêtons-nous, nous oublions les cribles, les tamis, les spectres, les échelles… Il nous faut revenir à la granularité, ou du moins aux moments où elle est entrée dans les techniques, sociales, artistiques … Celle dont je voudrais évoquer les prodiges est celle du théâtre grec. Qui se souvient du premier protagoniste, du deuxième et du troisième ? Comment ont-ils pu s’échapper discrètement du chœur ? Qui se souvient de ces événements ? Qui se souvient qu’avant la discrétisation de l’écriture le sens produisant la parole se mémorise avec le rythme, sorte de grammaire mnésique par le souffle, par l’air pulsé entre le dehors et le dedans du corps ? Je crois qu’il est urgent de dire que nous sommes des aériens ayant les pieds sur terre. Nous écrivons tout notre corps d’abord dans l’aquatique placentaire puis sur la terre avec nos lèvres, nos pieds, nos mains et toujours par l’air avec nos poumons et nos yeux. (…)

[Figure 3]

 

Deuxième Moment
h264_2003 – h265_2013 – h266_2021 / HORSUJETS_ 2017-2025…

La manière d’écrire les nouveaux flux d’images est tout d’abord de comprendre qu’une image est au croisement d’un nombre grand de sous parties la composant et d’un ensemble d’images du même type avec qui elle est reliée. L’écriture s’occuperait maintenant de cette pâte étalée où l’on peut déceler des grumeaux mais que le principal est bien cette étendue souple Intra-Inter. Nous y retrouvons de la simulation, de la prévision, des ajustements, beaucoup de vitesses et parfois même des accélérations foudroyantes dues aux traitements vectoriels des données. Chaque étape étant à la fois la fragmentation dynamique à l’intérieur d’une image et les prévisions de plus en plus économiques d’établir une cohérence entre un nombre toujours plus grand d’images. Ces écritures s’avèrent être beaucoup plus que la sténographie, elles abritent de multiples stratégies fluentes. Le lieu du flux est l’interpolation entre de fines approximations. On n’écrit plus des succession d’images, on apprend à écrire le pluriel à l’intérieur d’une image.

HORSUJETS, les POP(s)1, Méthode et mise en oeuvre

Nous avons emprunté à l’archéologie un outil technique qui rend possible la réalisation d’un objet 3D à partir de nombreuses images fixes, nous nous attachons à saisir puis visiter ces objets-espaces improbables. C’est à la fois une expérience de terrain mêlant le prélèvement et le sensible, une construction via un outil technique mais aussi une pensée du voir incluant le sujet qui émerge

Les multiples étapes du traitement des images prises en charge par la chaîne logiciel (qui donnera à « l’intra » des images tout un potentiel sémantique) sont le moment de traductions multiples se superposant au sujet comme autant de langues pour figurer.

Le potentiel inépuisable de saisies secondes dans le fichier 3D constitue une deuxième déambulation, là où devront se résoudre les questions « inter » images.

Revenons un instant à la nature de cet « intra » des images qui se fabrique dans le traitement dissocié de la structure et de la texture. En séparant la forme-maille-mesh des lieux-personnes de leur revêtement vectoriel/photographique, nous augmentons les ambiguïtés entre les écritures euclidiennes de l’image photographique et les écritures interpolées (vectorielles) des volumes reconstruits, sans pour cela altérer le bien photographique. En caricaturant les fonctions de cet outil-logiciels, aveugle dans certaines étapes à détecter les différences sémantiques des points qu’il manipule, un effet monte – sans doute est-ce lui qui restructure différemment notre regard – et nous ouvre à des espaces inattendus. Tandis que le PoP* défait la forme des objets, desserre le joug qu’il y a entre la forme représentée et ce qui la recouvre, le rapatriement de la texture va se faire dans une logique classique, fabriquant un monde qui conjugue deux circulations en simultané : celle de la forme qui s’est libérée des objets, qui les esquisse, qui pointe vers eux (un arbre, une maison, une rue … ) et de l’autre côté, la texture photographique en relation avec tous les points trouvés dans l’image, qui prend le dessus sur la forme ambiguë. C’est véritablement un mélange d’écritures qui fait se chevaucher des vitesses et des régimes d’énonciation différents, une capacité d’évocation doublée d’une irréprochable qualité de persuasion, une forme informe de rêve avec une possibilité d’adhérence minimale prête à recevoir une illumination !

Écrire les nouveaux flux d’image est, nous l’avons dit, à la fois une analyse de l’image et une observation de ses liens avec les autres images. Cette nature de « l’inter » des images entre simulations, divinations, vitesses d’énonciations plurielles, prévisions et ajustements, nous permet de tracer un ruisseau entre les formes. Cette fiction que nous opérons d’une image à l’autre, d’une page à l’autre, trouve toute sa dimension dans l’objet livre.

[Figure 4]

(…) Ce jour-là, nous décidons de grimper jusqu’au Lavabo. Ce nom pour le saisir comme un objet alors qu’il est pris dans la continuité sans rupture des montagnes et au-delà. Il est vrai que c’est un endroit parfait, que l’on aimerait extraire de la gigantesque carrière paysage : Une sorte de vasque à la géométrie régulière, flanquée de pentes douces que les vaches creusent de traverses incertaines. Dans la partie basse une zone marécageuse rassemble des eaux venues de toute part… bonde et syphon sont un mystère. Plusieurs tentatives photographiques et aucune réponse en images apportée aux questions que nous nous posions jusque-là, rien qui puisse à priori s’adapter à une opération de photogrammétrie.

Un hors sujet auquel nous nous attachons.

Le troupeau de vaches est bien là où nous l’attendions, sujet dans le sujet, pose qui suppose que les bêtes rumineront immobiles encore longtemps.

S. commence sa ronde; son appareil photo au barycentre entre 50 cm et 1m50, les vaches occupent un disque de 30 m de diamètre peut-être et tout autour, les montagnes sans limite. S ne va pas prendre des vues, il prélève des petits coups de pioche, des gestes qui seront répétés 1200 fois ce jour-là, l’abstrait de la contemplation. Il se fait dans le temps cueilleur de morceaux d’espaces qui doivent se recouvrir légèrement pour que ça marche ! Il opère en aveugle, sans même cadrer, ce qui n’empêche en rien que l’acte photographique soit en relation avec l’axe de la géométrie euclidienne, celle du cadre-viseur. S ne fait aucune bonne image de ce lieu magique, aucune vraiment ne sera une Grande Image. Le sacré ne pourra pas se loger là, il faut croire.

De mon côté, je baigne absolument dans le paysage, mon corps, de manière haptonomique se prolonge aussi loin qu’il le peut – jeu d’anticipation, de projections multipliées. Celui qui ne prend pas les images a tout le loisir de se déployer jusqu’aux étoiles ! Oiseau, drone, déconnecté.

Préfiguration d’un possible rendu présent. (…)

[Figure 5]

 

Troisième Moment
Caméra neuromorphique

Notons que l’accroissement gigantesque du flux d’images pousse à se séparer progressivement de la version photographique de l’image, sorte de sculpture plate, pour aller trouver un univers adéquat que laisse entrevoir la caméra neuromorphique par son économie incroyable du traitement des données. Le flux-points des images s’approche de la sublimation du présent que l’on appelle la vie.

Les écritures numériques dédiées aux séquences d’images se dirigent vers une écriture de la corrélation des éléments photo-électriques au grain de temps, lui aussi construit par le dispositif. Les questions qui s’ouvrent mettent en avant la reconstruction de fictions par d’autres fictions.

À la médiation d’une optique (pour permettre une focalisation sur un plan du flux lumineux et la capacité de puiser dans un écran/matrice/capteur où chaque pixel est autonome du/des photons qu’il reçoit), doit s’adjoindre la transformation d’un point d’image en un événement. Cela s’écrit au format .text avec les coordonnées du pixel, une information soit montante, soit descendante de la détection augmentés des coordonnées temporelles à la microseconde près. Une image numérique est depuis le début un fichier texte, mais aujourd’hui elle quitte l’idée encore classique de la chose pour être un flux d’écriture à analyser et réécrire selon son besoin.

PICTONIQUE _ làoùl’herbeestplusverte,
Exploration des élémentaires composites
Écriture numérique et matière imageant associée

Nous cherchons à retrouver un état minimal d’écriture de l’image. Chaque élémentaire trouve son adéquation et son individualité de rythme et de relations en étant transporté par un vivant (visiteurs, participants). Les collectes des données font partie intégrante des installations proposées. Alors que l’IA, AR, AV …. nous font basculer sans retenue dans l’écran, nous proposons en regard une recombinaison des gestes naturels avec l’algorithme, un corps engagé dans sa totalité, en d’autres termes une construction couplée avec une analyse de la relation. Trois points de vue se croisent : celui de la recherche scientifique, celui de la mise en forme et de l’expérience artistique, enfin celui essentiel et actif (plus que participatif) du spectateur. Avec des capacités de lecture mises au point par le LAAS et les capacités d’écriture d’un cube filaire, objet transitionnel à portée de main, nous sommes en mesure de réaliser un (ou des) processeurs avec un groupe de volontaires à la tâche. Nous espérons non seulement comprendre (ou non) en réponse au désir scientifique, mais aussi obtenir dans cet interstice une participation d’un genre nouveau : une boucle créative inattendue des hommes dans l’expérience à la fois de leur contrôle sur le langage des machines et leur réponse en aveugle compréhension aux diktats des algorithmes. Ces élémentaires couplés, homme-algorithmes mis à l’échelle l’un de l’autre et inversement, sont tenus et animés par la relation qu’ils entretiennent pendant le temps de l’expérience.

[Figure 6]

 

Intermède 3

(…) Il est à noter que chaque fois que nous interrogeons avec un nouveau paradigme ce qui prosaïquement se passe devant nous, nous gagnons quelque chose et perdons tout autant. Notre intuition nous laisse comprendre que le chemin neuromorphique devra s’hybrider en temps réel avec les restes du monde euclidien et aussi ceux du monde post euclidien dans un agencement multiple. (…)

Citer cet article

Sultra&Barthélémy, « Trans-fluences à l’œuvre, et l’image aux bains des écritures », [Plastik] : Pensée liquide : portrait d’un art liquéfié #19 [en ligne], mis en ligne le 9 juillet 2026, consulté le 09 juillet 2026. URL : https://plastik.univ-paris1.fr/2026/07/09/trans-fluences-a-loeuvre-et-limage-aux-bains-des-ecritures/

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